Le réveil sonne. Je reviens durement à la réalité. J'écoute le silence du vide qui plane autour de moi. Les murs resonnent de solitudes, les meubles crient leur desespoir. Je me lève, doucement d'abord. Ce long tee shirt au parfum si masculin me tombe sur les genoux, sentant son léger coton sur ma peau. Un etirement rapide. J'attrape ma boite de carton aux couleurs rouges et blanches, si vide elle aussi. Je me dirige vers la cuisine, approche de mon exutoire cette flamme d'espoir qui éveille le début de cette nouvelle journée. J'aspire cette fumée de rêve pour entrer dans la réalité. J'ouvre les placards et en sort mon matériel requis pour m'éveiller, sereine. Un bol de lait froid et un cuillère de miel. L'automne a emporté la chaleur de vivre et nous a laissé la fraicheur des matins, où la brise frappe votre visage blanc, rougit par les coups. Une quinte de toux me prend. Par culpabilité j'écrase le reste de mon bon plaisir du réveil, laissant s'envoler mes sentiments et états d'âme.
Je passe sous la douche, me lave de tout mes remords de la nuit. J'en sors, la buée occupant tout l'espace de ma salle d'eau close. Ni fenetre, ni aération. Seule la porte, fermée, se dresse à mes côtès. Je nettoie mon mirroir brumeux, et y aperçois cette silhouette pâle cheveux mouillés ruisselant de petites perles le long de mon corps. " Bonjour V. "
07h26. Je sors de mon appartement, enferme à clef la pénombre du silence dominant. Dehors, le bruit de la circulation, les cris des caprices des enfants, les plaintes des hommes en retard, et en fond sonore le bourdonnement des chantiers. Je marche jusqu'au lycée, d'un pas vif. Je n'aime pas m'attarder. Malgrès ça j'ai le temps de regarder autour de moi. On peut remarquer dans la rue le melting pot des sentiments et émotions. Les gens ensommeillés, qu'on se le dise, sont nombreux, les gens qui râlent de tout ce qui les entourent, les gens qui ne présentent aucune émotion, simplement lassé de leur vie, et les gens heureux. Les gens rares. Ceux qui sourient, qui rient, qui plaisantent. Ils sont beau à voir. Ils donnent envie sur l'instant. Mais sur l'instant suivant, la seule envie qui émerge de moi est cette envie d'embrasement dans mes poumons.
Quelques minutes plus tard je me retrouve devant le lycée. Je regarde ce grand portail vert usé, tirant une bouffée d'air nuisible à ma santé, je me prépare psychologiquement à une nouvelle journée qui va commencer.